jeudi 21 mai 2015

Mémoires d'un ostéopathe Extrait

Parallèlement à l'écriture de mon roman, j'ai rédigé un petit livre de mémoires, présenté sous forme de "short-stories", que je viens de publier en numérique sur Amazon.



Ci après un extrait:

Sylvie, l’actrice déchue,


Lundi 16 septembre, 15h15, je m’affairais aux soins hebdomadaires de Me Duval, patiente suffisamment hypochondriaque pour assurer la pérennité d’un cabinet pour toute une carrière.

Je m’appliquais donc avec une détermination contenue, lorsque le téléphone sonna:

« Allo, le cabinet d’ostéopathie? »

« Oui, bonjour, que puis-je pour vous ?»

«  Je suis Bernard Landeuil, agent de Me Sylvie C, nous tournons quelques scènes d’un film en Aveyron, mais notre actrice souffre horriblement du dos et nous devons tourner mercredi, vous pourriez la prendre ce soir ou demain?  »

« Vous avez dit Sylvie C? Ouaouh, et bien ce soir cela risque d’être difficile, mais je peux vous proposer demain matin 10h! »

« Vous n’auriez pas plutôt 11 h? »

« Si, si ok je m’arrangerais, c’est ok pour 11h! »


Je raccrochai le téléphone le coeur palpitant, bien sûr que c’était oui pour 11 heures, comme ça aurait pu l’être à 12h à 13h ou même à 23h, jamais je n’avais imaginé recevoir chez moi l’icône romanesque de ma jeunesse.

Je me revoyais alors  adolescent cinéphile à Paris, faisant la queue sous la pluie pour aller voir les films avec Sylvie C, puis restant dans la salle pour une seconde séance où je pourrais mieux entrevoir sa nuque fine doucement couverte de ses boucles blondes.

Ahh, comme j’aurais voulu être cet acteur américain qui posait sensuellement sa main sur sa nuque avant de l’embrasser passionnément, j’aurais voulu que le metteur en scène répète inlassablement « Non, non, la scène n’est pas bonne, il faut recommencer! » ou encore « Mais Sylvie, tu es amoureuse ou pas, allez un peu plus de conviction dans le baiser! »

Je me rappelle cet autre film où elle se promenait pieds nus le long de la plage main dans la main avec cet acteur italien effrayant de séduction…

Comment une créature pareille pouvait avoir mal au dos?

La nuit suivante, je décidais de me coucher tôt afin de rallonger les rêves que j’allais faire de Sylvie entrant dans mon cabinet, se jetant dans mes bras larmoyante de douleur, me suppliant de la sauver de ce mal de dos terrifiant, et moi tel un prince charmant je la sauverais miraculeusement de ce mystérieux maléfice.

Le lendemain 11h au cabinet.

Mon téléphone sonne.

Je pensait « Ca y est, ça devait arriver, elle ne vient plus, elle a trouvé un autre ostéo, trop dommage.. »

« Allo, c’est Mr Landeuil, c’est pour vous dire que Sylvie aura 15 minutes de retard, cela ne perturbera pas trop vos rendez-vous? »
« Non, non, prenez votre temps, pas de soucis »

Ouf! Elle venait! Dans 15 minutes, Sylvie C sera chez moi, avec sa nuque, avec ses pieds, avec ses genoux, avec son dos…

Comment expliquer ce que j’ai ressenti durant ces 15 minutes? C’est un peu ce que nous ressentions enfant durant la nuit de Noël en attendant les cadeaux: il fallait patienter et dormir pour attendre le lendemain matin, mais la nuit était longue, interminable.

Et bien ces 15 minutes, c’était comme 15 nuits de Noël!

Elle sonna enfin, elle entra, je lui dit « bonjour » elle me répondit « bonjour », je l’invita à s’asseoir devant mon bureau.

J’observais son visage et ses yeux: c’était bien elle, c’était bien ses yeux, c’était bien son regard, mais bien sûr le temps avait raviné son visage, des rides horizontales sillonnaient son cou, et le maquillage n’y pouvait rien, le temps était passé, vingt ans environ…

Vingt ans pour une femme c’est le bel âge, mais vingt ans de vieillissement cela est bien différent.

A cet instant j’eu une pensée pour Brigitte B qui ne souhaitait plus être filmée, j’eu une pensée pour Marylin qui s’est éteinte dans la quintessence de sa beauté.

Le temps est une injustice, il ne devrait pas toucher les actrices, il faudrait voter une loi pour cela… ou bien garder nos stars dans leurs pellicules.

-Donc, vous avez mal au dos?

-Oui, j’ai un ostéo à Paris qui me suit tous les 15 jours, mais là je n’ai pas le temps de remonter, alors c’est lui qui vous a trouvé sur internet et qui m’a conseillé de vous consulter.

-C’est le tournage en Aveyron qui est difficile?

-Non, non, en fait j’ai une spondylarthrite que l’on m’a diagnostiquée il y a maintenant dix ans.

Sinon le tournage avec François, c’est un peu un mélange d’alimentaire et de relation d’amitié.
Vous savez dans notre profession, les revenus sont très irréguliers, et parfois on alterne des bons films et les autres qui servent à payer vos impôts et vos dépenses courantes.

Je regrette les grandes productions américaines, il y avait une ambiance de folie sur le plateau, et tous les soirs on faisait des fêtes pas possibles.
Les productions françaises, c’est assez différent.

Vous avez vu certains de mes films?

-Oui, bien sûr! J’habitais Paris lorsque j’étais ado et j’étais assez cinéphile, je ne ratais aucun de vos films, on peu dire que vous me troubliez beaucoup à cette époque.

-Je comprends que maintenant c’est différent!

Je ne répondis pas, je l’invita à se déshabiller pour les soins, et sortit dans le couloir mettre ma blouse et chercher une serviette propre pour la table de soins.

Trois minutes plus tard, j’ouvrais la porte et découvrais le corps du fantasme de mon adolescence debout devant moi.

Même si ce corps n’était plus celui qui m’avait tant fait rêver, je me sentais particulièrement ému, et n’osais poser vraiment mon regard sur l’ex objet de mon désir.

C’est finalement  les mains moites et les yeux humides que je posais enfin mes mains sur son bassin afin de pratiquer mes premiers tests ostéopathiques.

  • Alors, quel est votre diagnostic?

  • Vous avez un blocage des articulations sacro-iliaques ainsi que des deux dernières vertèbres lombaires, il n’y a rien d’inquiétant, quelques manipulations douces, une après-midi de repos et vous pourrez reprendre tranquillement votre tournage.
  • Je dois m’allonger?
  • Oui, allongez-vous sur le ventre je vous prie.

J’installais délicatement la serviette éponge sur la table puis elle s’allongea, sa gestuelle était restée gracieuse, elle savait animer son corps comme si elle était en permanence devant une caméra.

Puis je continuais mon travail silencieusement, elle restait sagement immobile, j’avais envie de lui poser une multitude de questions: c’était comment avec tel acteur? tel réalisateur? avez-vous un compagnon? Etes vous heureuse?

Finalement je choisis la solennité du silence pour mieux habiller cet instant exceptionnel dont j’avais rêvé il y a exactement vingt ans.

Les vertèbres et le bassin étaient maintenant soignées, elle se releva satisfaite, et me lança:

  • C’est super, je me sens toute légère, vous êtes un très bon ostéopathe Vincent, j’ai envie de vous faire la bise!
Puis elle vint vers moi, et m’embrassa sur les deux joues, et d’un coup tel la fusée Ariane envoyant un satellite, je me sentis à mon tour léger décollant vers d’autres cieux.

Ce jour là ma vie de thérapeute avait croisé ma vie de cinéphile, c’était riche et inattendu, comme le scénario d’un bon film.

















                           







                                     Léna, Contorsionniste


-Allo l’ostéopathe ? C’est le cirque Rivinski, nous voudrions prendre rendez-vous si possible demain après-midi pour notre fille Léna, ce serait possible ?
-Euhh, oui ! C’est urgent? Elle a eu un accident ?
-Non, rien de très grave, mais elle a mal au dos, et nous avons trois représentations en fin de semaine, j’ai peur qu’elle ne puisse assurer le spectacle!
-J’ai une place demain à 15h30, ça vous convient ?
-Oui, c’est parfait, nous serons là !
-A demain donc! Mais au fait, que fait elle comme numéro, votre fille ?
-Elle est contorsionniste !
Une contorsionniste chez l’ostéopathe, quelle situation inédite !
Le lendemain à 15h25
J’entendis la sonnette de la porte, et m’avançai pour accueillir ma patiente, ayant terminé  ma consultation précédente.
Léna était entourée de sa maman et d’un jeune homme d’une vingtaine d’années qui semblait être son frère.
Je les fis entrer tous les trois dans la salle de soins.
-Alors que puis-je faire pour Léna ?
C’est sa maman qui décida de prendre la parole .

-Léna est contorsionniste et présente chaque soir de représentation un numéro avec mon mari dans lequel elle doit entrer dans des boites de plus en plus petites, or depuis une semaine elle se plaint de la nuque et n’arrive plus à entrer dans la boite la plus petite.

La suite sur Amazon...


mercredi 6 mai 2015

Donc le repos...

-Bonjour, je viens de passer un scanner, on m'a trouvé une hernie discale L4L5, vous pensez que je peux continuer le VTT?

-Non, je vous conseille plutôt du repos durant la période de soins, avec une reprise progressive du sport dans trois mois environ.

-Trois mois? Vous rigolez? Et la natation, je peux?

-Ben non, pas de vélo, pas de natation, du repos!

-Bon ok, du repos...

Sinon, j'ai une petite Rando prévue dimanche, juste 20 kilomètres, je peux y aller?

-......Soupirs.... Non je ne vous conseille pas....

-Et les exercices, qu'est ce que je peux faire comme exercices?

-Pas d'exercices, REPOS!!!!

-Ok repos, j'ai compris.

Fin de séance, dix minutes plus tard.

-Bon au revoir, docteur, sinon, samedi, on a prêvu une rando enduro avec mon fils, je roulerais tranquille, je peux y aller?


Gros soupirs...

-Bon faites ce que vous voulez...Mais ne me posez plus de questions!

vendredi 20 mars 2015

Vincent ARIN STOCCHETTI sur SudRadio le 17 mars 2015

Vincent ARIN STOCCHETTI, votre serviteur et kiné ostéo préféré, a été l'invité de Marc Leval pour parler du sujet des articulations douloureuses.

J'ai souhaité mettre en avant le fait qu'une articulation ne devient pas douloureuse par hasard mais soit à la suite de problèmes posturaux, soit à cause d'une surcharge pondérale, soit à cause d'un stress excessif générant des tensions faciales et musculaires dans le corps.

J'ai aussi fait mention de mon ouvrage d'auto-soins "Soulagez vous-même vos petites douleurs articulaires" paru chez Grancher en 2013.

http://www.amazon.fr/Soulager-vous-mêmes-vos-douleurs-articulaires/dp/2733912577/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1362045351&sr=8-1


Vous pouvez écouter l'émission en post cast en suivant ce lien:

http://www.sudradio.fr/Podcasts/Le-Mag-de-l-aprem/Les-articulations-douloureuses