mardi 25 décembre 2012

Les kinés, les ostéos, et les autos

Ma vocation de kinésithérapeute m'est apparue dans les années 70 lorsque mes parents m'ont adressé chez le kiné du quartier pour soigner ma scoliose.

A l'entrée, il y avait une Porsche 911 rangée sagement à coté de la porte, positionnée de telle façon que l'on pouvait surveiller sa présence depuis la salle de soins.

La présence rassurante de cette séduisante monture m'a dés cette époque convaincu des vertus de la kinésithérapie... au moins pour le kinésithérapeute, puisque finalement j'ai conservé ma scoliose...


Mais les temps ont changés: le temps d'achever la nécessaire formalité de mes études et hop 1990, le kiné ne roulaient plus qu'en BMW ou Alfa Roméo, quelle déchéance...

Et ce n'était qu'un début, lors d'une réunion syndicale l'an passé, j'observais tristement le parking devant le local: Clio, 207, voire Dacia Sandero...

Je n'ose imaginer 2025... Vélo? Patins à roulettes?

Alors si vraiment l'automobile constitue un signe extérieur de richesse, les kinés sont soit1/ très appauvris, soit 2/ ils ont choisi la discrétion...

Je pense malheureusement que c'est la 1/ qui prime...

Mais il faut espoir garder!

Cette année j'avais commandé une Aston Martin au Pére-Noel, finalement mes enfants m'ont offert une Giulietta... Au 1/43eme...

Les temps sont durs... mais on s'adapte comme on peut...

dimanche 16 décembre 2012

Le dico de l'ostéo: Plagiocéphalie

Plagiocéphalie.

Ce n'est pas:

Pensée obsessionnelle pour la plage chez le fonctionnaire en attente de congés estivaux.

C'est plutôt:

Déformation crânienne du nouveau-né, de plus en plus fréquente, caractérisée par la formation d'une zone aplatie à l'arrière de la tête, et dont le traitement relève de l'ostéopathie.

Vous pouvez aussi consulter mon article sur ce sujet sur:

http://www.carevox.fr/enfants-ados/article/traitement-de-la-plagiocephalie-du

vendredi 30 novembre 2012

Le dico de l'ostéo: Microkinésithérapie

MICROKINESITHERAPIE

Ce n'est pas:

Exercice de la kinésithérapie par un praticien de petite taille.

C'est plutôt:

Méthode thérapeutique se proposant de retrouver dans le corps du patient les traces subtiles laissées par un traumatisme physique ou émotionnel.
La microkinésithérapie parle ainsi de mémoire tissulaire et propose un protocole de traitement adapté.

mardi 20 novembre 2012

Vivement la reconnaissance! Pensais-je naïvement...

En 2000, jeune étudiant en ostéopathie et en même temps en formation de cadre politique avec Bernard Kouchner comme enseignant et intervenant, je n'avais qu'une obsession en tête: sortir l'ostéopathie de sa clandestinité!

Notre ministre de la santé de l'époque semblait aussi le souhaiter, et a fait partie des politiciens qui ont bien fait avancer le légalisation de l'ostéopathie.

L'ambition du projet était grande et pleine d'espoirs.

Permettre à des centaines ou des milliers de praticiens en ostéopathie d'exercer légitimement leur art, à l'abri des menaces des médecins soit disant bien attentionnés, zélateurs de la bonne conscience médicale officielle, portant plainte contre ces pseudo-rebouteux exerçant illégalement la science médicale...

Permettre aux ostéopathes d'apposer légalement leur plaque professionnelle librement dans la rue, comme le faisaient depuis longtemps les dentistes, les pédiatres, les rhumatologues...

Permettre de recevoir tous types de patients: adultes, enfants, vieux, riches, moins-riches, et leur apporter en toute sécurité le meilleur de notre art thérapeutique...

Permettre d'envisager une relation de confiance avec les différents acteurs du monde de la santé, sans rester au stade du figurant...

Permettre de suivre légalement une formation continue de qualité, permettant de rendre plus vivante encore la science ostéopathique...

Mais bon, tout ça, c'était avant,

Avant que la légalisation ne devienne la poule aux oeufs d'or non pas pour les ostéos mais plutôt pour les multiples et diverses instituts de formation plus ou moins légalisés à la va-vite..

Avant que chaque rue importante de toute ville moyenne française ne soit pourvue de son ou ses cabinets d'ostéopathe.

Avant que n'importe quel bachelier ayant échoué aux concours de médecine, kiné er infirmier, ne puisse devenir en 5 ans ostéopathe, moyennant le versement échelonné de la somme de 30 à 40000 euros.

La légalisation de l'ostéopathie nous a finalement permis de travailler au grang jour, mais elle n'a pas suffi à donner à notre profession la maturité nécessaire à sa parfaite intégration dans la médecine, et la multiplication exponentielle des professionnels installés en ville ne va pas simplifier nos rapports aux malades et aux autres professionnels de santé.

samedi 3 novembre 2012

Carmen Cru est venue en consultation!

Au début, je n'ai pas fait de suite le rapprochement.

Bien sûr, je la connaissais bien, la carmen cru de papier, apparaissant régulièrement dans Fluide Glacial dans les années 80, grace au crayon exquis du trés regretté Jean Marc Lelong.

Mais quand elle est entrée, comme ça sans prévenir dans mon cabinet, je ne l'ai pas reconnu.

Pardi, c'est qu'elle a vieilli depuis 1990, avant elle n'était pas si bossue...

Puis elle avait changé son chapeau...

Donc je la fit entrer, et à sa première parole, j'ai commencé à un peu plus la reconnaitre..

"C'est où que je m'asseois, z'avez pas de chaise?"

"Venez, je vous accompagne, vous pouvez vous asseoir ici"

"C'est pas trés grand, chez vous, z'etes nouveau dans le métier?"

"Euh...Non... disons que je m'approche plutôt de la retraite"

"Faut redresser mon dos, l'est tout penché!"

"Oui... Je vois...Mais vous avez des douleurs?"

"Y'a pas de douleur, comme vous dites, seulement l'est pas droit, faut l'remettre en place, c'est bien votre travail, non?"

"Bon, bon, on va essayer de faire quelque chose, déhabillez-vous je vais vous examiner!"

"J'vous préviens, j'enlève pas la culotte, j'connais bien les hommes c'est tous des vicieux!"

".......Ne vous inquiétez pas, vous pouvez garder vos sous vêtements et vos bas"

Je m'absente de la salle de soins quelques minutes pour laisser ma patiente me préparer, puis je reviens et ouvre la porte...

Hummm Première sensation en entrant: finalement c'est pas plus mal que dans les BD il n'y ait pas les odeurs, là c'était un mélange de moite poivré et de pisseux acide,

quand au spectacle visuel, ma première pensée vint à un autre regretté de la BD: Reiser...Un gros dégueulasse version féminine, sans les valseuses tombantes donc...

Asseyez vous au bord de la table, s'il vous plait et penchez vous en avant!

"En plus de m'faire déshabiller, v'là qui veut m'faire tomber!"

Mais noonn , n'ayez pas peur, c'est juste pour vérifier vos courbures dorsales

Mais j'viens pas ici pour me courber, nom d'une pipe, mais pour me redresser!

Ok Ok, j'vais essayer de vous redresser, mais d'abord j'aimerais m'entrainer sur quelque chose de plus simple: redresser la tour de Pise, par exemple...

jeudi 25 octobre 2012

Dépassements d'honoraires Et les kinés, alors??

Si j'ai bien suivi l'actualité récente sur les dépassements d'honoraires, certains médecins s'offusquent de la limitation de celle-ci, qui pourrait porter atteinte à une pleine qualité des soins...

Mais alors, que dire de la consult du kiné qui est en moyenne à 17 euros???

Peut-on envisager des soins de qualité en individuel à 17 euros??

Personnelement, compte tenu des charges de mon cabinet, j'estime à 20 euros de l'heure les charges fixes de mon cabinet, donc si je prétends à la généreuse folie de garder mon patient 40 minutes en individuel, je vais quand même gagner par heure la billgatesomégasomme de 3 euros!!

Ce qui fait 30 euros par jour, pour une modeste journée de 10 heures!

Heureusement que je suis kiné ostéo, et que ce sont justement mes honoraires d'ostéopathie qui me font vivre, et me permettent de recevoir décemment mes consultants en kinésithérapie...

Donc, pour un dépassement d'honoraires limité, oui, mais élargi aux différents acteurs de la santé, encore triple oui!

mardi 23 octobre 2012

Vous êtes bien kiné-ostéopathe???

Je viens de raccrocher le téléphone, une patiente vient de m'appeler pour un rendez-vous... Mais avant toute chose, elle voulait à tout prix (enfin pas plus de 50 euros la consult, restons raisonnables), elle voulait à tout prix donc avoir affaire à un praticien au double diplôme...

C'est la première fois que cela m'arrive, et c'est certainement révélateur d'un changement dans les mentalités et dans les appréciations de nos deux professions respectives...

Je me souviens en effet des années 2000 qui ne sont pas si éloignées pourtant, où il était d'usage pour un kiné-ostéo de cacher ce titre un peu honteux ou embarassant de kiné: celui qui met ses patients dans des cabines et qui soigne ses patients en 8 minutes et 20 secondes...

Non , maintenant, on retient plus positivement l'expérience clinique avérée du kiné et son mérite d'avoir validé des études sélectionnées par un concours difficile, et sanctionnées par un vrai diplôme d'état.

Donc, bon , c'est décidé, à partir de maintenant, je ne cacherais plus mon DE de kiné!

J'ai tout de même le sentiment que ces deux professions sont entrées en compétition l'une par rapport à l'autre depuis les années 2000.

La demande en kinésithérapie stagne depuis 3 ans alors qu'elle avait toujours progressé depuis sa création aprés-guerre, tandis que la demande en ostéopathie continue de progresser, malheureusement moins vite que la progression du nombre de praticiens, qui devient réellement inquiétante... Deux nouveaux ostéos dans ma rue depuis deux ans...

mardi 4 septembre 2012

La guérisseuse chez l'ostéopathe

J'ai toujours entretenu une bonne relation avec les magnétiseurs et les guérisseurs.

Lors de mes études d'ostéopathie, j'avais pris l'habitude de rencontrer un vieux guérisseur pour confronter nos expériences et l'héritage que j'avais reçu de mon enseignement.

Je pense avoir appris beaucoup dans cette rencontre...

Aujourd'hui Odette vient me visiter parce qu'elle a eu il y a un mois un petit accident de voiture  refus de priorité choc latéral gauche pas de fractures ni de lésion apparente.

Depuis Odette ressent une fatigabilité générale et la sensation que sa tête est bloquée sur les cervicales.

Comme d'hab chez les guérisseurs le diagnostic est concordant avec le diagnostic de l'ostéo: wiplash latéral avec dysfonction en latéralité de C0C1.

Correction assez simple parce que récente, Odette est content elle se sent mieux et moi je suis ravi de l'avoir soulagé.

Odette soigne une trentaine de "patients" par semaine qui se déplacent sur un périmètre de plus de 100 kms.

Au début, elle acceptait qu'on lui donne quelques dédommagements, mais maintenant elle ne veut rien. La satisfaction du travail accompli lui suffit.

Ce que j'apprécie chez les guérisseurs, outre le fait essenssiel que généralement ils obtiennent des résultats, c'est le plus souvent leur désintéressement total à l'argent.

Je ne suis pas vraiment sur que ce soit la régle chez tous les kinés...

Il y a un an, mon épouse m'offre une croisière en Egypte, et sur le bateau lors d'un diner je me retrouve assis par hasard à coté d'une jeune kiné, j'engage la conversation:

Alors, ça vous plait la kinésithérapie?

Oooh, vous savez, moi, je cherchais surtout un travail rénumérateur, et là, entre nous j'me fais 6000 euros net par mois, j'suis pas déçue!

Mais vous devez être très fatiguée avec toutes ces consults?

Oh non non, vous inquiétez pas j'ai 5 box, une piscine, et une salle de muscu, je leur apprends à bosser leurs exos tous seuls, moi je ne fais que controler...
Pas vous?

Ben non, moi j'suis un peu vieillot, j'prends toujours mes patients un par un et forcément je gagne moins d'argent...N'aurais je peut être rien compris à un certain systeme?


Evidemment cet exemple reste un cas extreme... quoique... extreme c'est pas vraiment le mot, disons plutôt Radical.

Non, radicalement, à défaut de nous donner des cours de médecine, les guérisseurs peuvent nous donner des cours d'humilité.

mardi 28 août 2012

Docteur, j'ai mal en bas à gauche!

Toute la journée tous les jours toutes les semaines, c'est pareil: il y a 10 fois plus de sacro iliaque gauche en dysfonction que de droite...

Et au niveau cervical, c'est pareil quand les premières cervicales se bloquent, c'est le plus souvent voire toujours à gauche!!!

Pourquoi???

Les vertèbres auraient elles une préférence pour la social-démocratie?

NON! je ne pense pas que les vertèbres pensent ainsi, d'ailleurs je pense qu'elles ne pensent pas du tout, elles ne font que subir les tensions extérieures, et bien sur plus d'ordre biomécanique que géopolitique..

En fait, il est avéré que nous sollicitons plus notre cerveau gauche, et donc les tensions duremériennes descendant du cerveau sont logiquement plus importantes à gauche qu'à doite que ce soit sous la tête au niveau occipital ou au niveau de la sacro iliaque et donc du bassin.

De la à conseiller à mes patients de solliciter davantage leur cerveau droit...

Ben si, c'est peut être ça la solution...

mardi 21 août 2012

Ostéopathie et canicule

Ostéopathie et canicule ne font décidément pas bon ménage!

Heureusement, je pense qu'à l'heure actuelle, la plupart de mes collègues disposent de la clim...

Il y a 6 ans, lorsque j'ouvrais mon cabinet à Albi, je ne l'avais pas, et je me souviens précisément d'un  patient arrivant trempé dégoulinant de sueur, sur lequel je tentait desespérèment une manip avec mes mains moitissimmes..

Le drap en papier, mieux vaut oublier... Serviette de plage obligatoire, à changer à chaque patient, évidemment...

Hier, une patiente d'Albi me dit avoir mesuré la température de l'eau depuis son robinet d'eau froide à 30°... je crois qu'il faudrait inventer un troisième robinet pour les jours de canicule...

Quand à écrire sur son blog par temps de canicule, ça me coupe un peu l'inspiration.

Voilà j'ai réussi à écrire quelques lignes sur la banalité d'une journée chaude en été...

Et pour les aigris qui considéreraient que c'est dérisoire de s'intéresser à la chaleur au mois d'aout, je leur donne rendez-vous dans quelques années, quand le temps aura donné à leur corps une prévalence sur leurs priorités intellectuelles...

Sur ce, fait chaud!!! Rendez vous en septembre!

jeudi 16 août 2012

L'ostéopathie et les acouphènes

L'ostéopathie peut vous aider à soigner vos acouphènes !!!

Régulièrement, comme aujourd'hui, un patient vient me consulter parce qu'il se plaint depuis longtemps d'acouphènes et découvre l'ostéopathie de façon tardive.

Aucun médecin ne leur a parlé de l'ostéopathie pour le traitement des acouphènes...

Surtout pas l'ORL:

"Monsieur, il n'y a rien à faire pour vous!"

Si Si! Il y a quelque chose à faire: nous guérissons ou améliorons environ un cas d'acouphènes sur deux...

Même s'il 'est vrai que nous ne soignons pas tous les acouphènes, ceux qui sont soulagés peuvent être satisfait d'avoir essayé, pour ne pas finir comme ce patient dont on m'a parlé, qui a préféré se suicider plutôt que de continuer à vivre avec ces bruits permanents.

Donc s'il vous plait, avant d'en arriver là, pensez à consulter un ostéopathe!

lundi 13 août 2012

La terrible équation du kiné ostéo

Que faut il ambitionner? Etre kiné + ostéo, kiné ou ostéo, kiné le matin ostéo l'aprés midi, kiné dans ses honoraires et ostéo dans ses mains, ostéo dans sa tête et kiné dans ses mains ou l'inverse?

Allez, on va essayer de donner le meilleur des deux!

Non Non , je n'ai pas dit le meilleur entre les deux! j'ai dit le meilleur parmi les deux!

J'ai retrouvé mes outils! A dit le kiné

Ma version de la boite à outils du kiné:



LA BOITE A OUTILS DU KINE



Sa boite à outils comprend principalement les massages, la physiothérapie, la kinésithérapie passive (autrement dit les assouplissements et étirements), la kinésithérapie active (c'est-à-dire la musculation et les exercices de gym), et enfin la rééducation proprioceptive et posturale.

Ce qui représente déjà un bon éventail de techniques, mais qui ne seront pas déployées à toutes les séances et pour toutes les pathologies.

On pourra rajouter les conseils d’hygiène de vie et d’ergonomie, et depuis peu la possibilité de prescrire des contentions et aide de marche.





                                                       LES MASSAGES



C’est la technique la plus ancienne et la plus connue des kinés, mais c’est aussi celle qui est le plus en péril, car abandonnée par de nombreux professionnels au bénéfice des autres techniques, réclamant une présence moins exclusive du thérapeute.

En effet dans les cabinets de forte activité, quand il est habituel de traiter 5 patients à la fois, il n’est pas commode d’intégrer des longs massages individualisés.

Ce qui constituait la base de toute prise en charge kinésithérapique dans les années 60 s’est peu à peu raréfié dans nos cabinets pour finalement migrer dans d’autres lieux absents en 1960 : les SPA, ce qui a créé chez certains kinés un fort mouvement d’indignation un peu tardif, mais la sentence était bien méritée.

Boigey définissait en 1950 le massage comme un ensemble de manipulations manuelles variées pratiquées à la surface d’un organisme vivant dans un but thérapeutique.

Son utilisation du terme manipulation me parait particulièrement intéressante car le massage est la technique du kiné qui va à mon sens le plus s’approcher de l’esprit de l’ostéopathie.

En effet, comme en ostéopathie fasciale, le praticien est à l’écoute des tensions de la peau et de ses éléments anatomiques sous-jacents, et travaille le fascia superficialis, situé entre le pannicule adipeux et le tissu cellulaire sous cutané.

Retrouver une zone de tension dans ce fascia, attarder son massage en restant à l’écoute de la réaction tissulaire jusqu’à relâchement de la tension, nous sommes bien dans un raisonnement ostéopathique…

Les vertus du massage sont multiples, il permet de soulager la douleur, de détendre les muscles tendons et ligaments, et surtout  il instaure une relation de proximité entre soigné et soignant.

Notamment dans le cas des dorsalgies liées au stress, il est intéressant d’avoir un praticien en écoute, à la fois des tensions des tissus, mais aussi des causes de tensions émotionnelles.

Ce peut être une occasion intéressante de verbalisation du stress, un pas important vers le mieux-être.

Revell écrivait «  on ne saurait envisager une kinésithérapie sans un contact permanent de la main qui calme et dirige »

Le pauvre Revell risquerait fort d’etre déçu par la réalité de nombreux cabinets en 2012…

Le massage se pratique donc sur un patient déshabillé, allongé sur une table de massage de préférence.

Ce qui peut vous paraitre évident ne l’est pas pour tous ! Ainsi je me souviens d’une patiente assez âgée, célibataire endurcie, me lançant d’un ton très inquièt « je suis vraiment obligée de me déshabiller pour le massage ??? » ou cette jeune adolescente qui préféra renoncer au massage plutôt que de dévoiler quelques cm2 de son intimité dorsale…

Quelques éléments techniques :

Le massage commence généralement par des techniques dites d’effleurage permettant au masseur de prendre contact avec le patient.

Comme son nom l’indique, dans l’effleurage les mains du praticien glissent doucement en appui léger au niveau de la peau, afin de créer une réaction de détente dans les tissus jusqu’à ressentir une certaine forme de relâchement des tensions, signe que le patient est maintenant bien relaxe prêt à accepter un massage plus appuyé.

La suite du massage s’intéresse aux structures plus profondes : les muscles et les fascias inter musculaires.

Les techniques sont alors plus appuyées, plus ciblées sur le profil anatomique du patient, ce dernier ressent en même temps une sensation de relâchement et de légère douleur liée à la résistance des tissus.

Apres sédation des dernières tensions, le massage redevient plus superficiel pour achever sur un temps de détente.

Un bon massage devrait durer entre 20 et 40 minutes.

Il s’agit là du massage type, à visée de détente musculo ligamentaire.

Bien sûr il existe de nombreux autres  massages plus spécialisés que je ne vous ai pas décrits ici : le massage circulatoire, le drainage lymphatique et le massage réflexe, qui répondent à des besoins spécifiques et qui n’entrent pas dans le cadre d’une séance  type de kinésithérapie.



                                               LA PHYSIOTHERAPIE



La physiothérapie désigne l’utilisation d’appareils venant en complément des techniques manuelles de la séance.

Je dis bien en complément, car les appareils de physiothérapie ne sont que des adjuvants de séance, et il serait très réducteur de limiter une séance de kinésithérapie à l’usage de ces appareils !!!

Il y a deux grandes familles d’appareils : les appareils permettant de délivrer de la chaleur, et les appareils d’électrothérapie, délivrant des ondes ou des courants destinés à apaiser les douleurs.

Soulager nos douleurs par la chaleur, ce n’est assurément pas le scoop de l’année, mais bon au moins ça a fait ses preuves, et il faut avouer que ça arrange bien les kinés de placer un patient sous infrarouge alors qu’il termine les soins de quelqu’un d’autre ou pendant qu’il répond au téléphone.

Outre l’usage de l’infra-rouge, d’autres applications de chaleur sont possibles, au contact direct de la peau cette fois, par l’application de compresses chauffées en bain marie ou aux micro-ondes, comme quoi la modernité n’implique pas forcément le progrès !

Quels sont les intérêts de la chaleur : une sensation d’apaisement des douleurs, un effet vaso dilatateur intéressant en cas d’arthrose ou d’ostéoporose, et aussi une détente musculaire et fasciale, parfait préliminaire à un bon massage.

Les appareils d’électrothérapie modernes utilisent des courants électriques divers et complexes permettant d’agir directement sur la conduction de l’influx nerveux et sur l’information de douleur et plus indirectement sur l’état inflammatoire.

Il s’agit donc bien d’un traitement symptomatique qui ne prétend pas s’attaquer à la zone de douleur, tout complexe qu’il puisse être, le courant électrique reste loin d’être intelligent !

En pratique, on va vous placer 2 ou 4 électrodes autour de la zone douloureuse soit par un système de pastilles autocollantes soit sous forme de ventouses.

Les électrodes ainsi placées vont produire un courant électrique adapté à votre pathologie, durant 15 à 20 minutes, la procédure étant répétée plusieurs fois par semaine.

La ionisation est aussi un traitement par électrothérapie mais qui utilise le courant pour ioniser un principe actif médicamenteux, elle peut être très efficace en fonction de la molécule utilisée mais exige beaucoup de prudence de la part du kiné car elle utilise un courant continu qui peut provoquer dans certains cas des brulures du second degré.

D’autre part, il s’agit là d’un traitement médicamenteux déguisé, puisque c’est bien la molécule, plus que le courant, qui constitue le principe actif.

Le générateur d’ultrasons, très largement utilisé,  est constitué d’une tête métallique reliée par un fil à un boitier envoyant une vibration de fréquence ultrasonique permettant de traiter les douleurs localisées et les adhérences, on l’utilise généralement dans les cas d’entorses ou de contractures musculaires.

Pour être efficace, les ultrasons doivent être diffusés dans l’eau ou par l’intermédiaire d’un gel conducteur, et c’est le kinésithérapeute lui-même qui doit appliquer les soins !

Ni la secrétaire médicale, ni le patient lui-même n’ont la compétence requise pour utiliser efficacement l’appareil…





                    LA KINESITHERAPIE PASSIVE ET LES ETIREMENTS



Lors de son bilan initial, le kiné va mettre en évidence des limitations de mobilité d’un niveau articulaire, mesurée au besoin à l’aide d’un goniomètre, plus ou moins importante selon le type de pathologie, traumatique ou rhumatismal.

Parmi les objectifs du kiné, il est nécessaire de récupérer la mobilité normale articulaire, c’est le rôle de cette kinésithérapie dite passive, car réalisée sans participation musculaire volontaire du patient.

Par exemple, Bernard va chez le kiné après une entorse du genou, son genou ne plie qu’à 60° au lieu de 140° normalement : le kiné va mobiliser son genou passivement jusqu’ à butée à 60°.

Au bout de plusieurs manœuvres, l’amplitude va évoluer progressivement vers 65 puis 70° de mobilité, la limite articulaire se retardant d’autant.

Le kiné peut aussi utiliser des postures, c’est-à-dire des positionnements de l’articulation en limite articulaire, maintenue pendant quelques minutes.

Dans ce cadre de la kinésithérapie passive, des appareils spécifiques peuvent être utilisés tel le kinétec pour fléchir le genou ou les systèmes d’élongation cervicale.

Il est intéressant de noter qu’ostéopathes et kiné recherchent tous les deux les restrictions de mobilité mais avec une différence importante: le kiné traite le mouvement dit « majeur » tandis que l’ostéopathe s’intéresse généralement au mouvement « mineur »

Ainsi, toujours au niveau du genou, l’ostéopathe va plutôt s’intéresser aux mouvements dits « mineurs » c'est-à-dire les translations latérales et antéro postérieures du tibia sur le fémur, d’une amplitude infime inférieure au millimètre, mais qui vont conditionner la fluidité et le confort dans le mouvement majeur.



   LA KINESITHERAPIE ACTIVE ET LE RENFORCEMENT MUSCULAIRE



Là c’est le patient qui exécute lui-même le mouvement guidé par les conseils du kiné.

Le renforcement musculaire ciblé est LA technique importante du kiné avec le massage, qui va pouvoir compléter utilement la récupération articulaire et le travail de l’ostéopathe.

En effet, la musculation ne pourra fonctionner à 100% qu’en présence d’une articulation parfaitement intégrée dans le système postural et libre de sa mobilité des mouvements majeurs et des mouvements mineurs.

La musculation est le plus souvent exécutée à l’aide d’appareils de renforcement musculaire spécifiques, ou par des montages de pouliethérapie.

La pouliethérapie est un grand classique de la kinésithérapie, elle a ses adeptes, dont je ne suis pas un membre actif…

La cage de pouliethérapie est ainsi constituée d’un grillage gris, disposé tout autour d’une table de rééducation, permettant d’accrocher sur les parois un jeu d’élingues et de crochets.

Ce système permet de relier un segment de membre, jambe ou bras, à un ensemble poids poulie, assurant la résistance ciblée d’un travail musculaire adapté à la morphologie et à la force du patient.

Souvent, le patient se retrouve  attaché… dans la cage… et travaille avec un sourire contenu, bien inférieur à celui du kiné qui l’a installé et qui examine le résultat avec bienveillance!

Si l’avantage de la pouliethérapie est de pouvoir constituer un appareil de renforcement musculaire « à la carte », le gros inconvénient réside dans le faible contrôle des conditions de travail de l’articulation qui peut parfois souffrir d’un effet de bras de levier, incompatible avec la physiologie articulaire.

Ma préférence va donc aux techniques manuelles, exécutées sous le contrôle étroit du kiné.







                       LA FIN DE REEDUCATION DITE PROPIOCEPTIVE



Tout bon traitement kinésithérapique doit s’achever par une remise en condition réelle, fonctionnelle, professionnelle ou sportive selon les patients.

Le protocole varie nettement selon l’âge et le niveau de sportivité du patient.

Ainsi pour un patient âgé, il s’agira principalement de récupérer le schéma de marche, en travaillant la déambulation entre les barres parallèles ou sur des escaliers factices.

Pour les plus sportifs, le kiné réintégrera progressivement l’articulation lésée dans le cadre des gestes sportifs les plus usuels.


Extrait de "Kiné ou ostéo, qui consulter?" Vincent ARIN STOCCHETTI sur www.leslivresdemonosteopathe.com ou chez votre libraire préféré!

dimanche 12 août 2012

Mon premier bouquin Présentation

Donc voilà, mon premier ouvrage "Kiné ou ostéo, qui consulter?" est finalement sorti le 24 avril 2012...



Historiquement, je projetais depuis longtemps d'écrire sur la kinésithérapie, un ouvrage du style "Vive la kinésithérapie!" un "Vive" un peu ironique car en réalité je ne suis pas trèe optimiste sur les perspectives d'amélioration de qualité des soins de kinésithérapie.

Globalement, j'assiste depuis vingt ans à la multiplication des cabinets"usine" qui prennent les patients cinq par cinq et pour ce qu'ils ne sont pas tous...

J'assiste aussi à ma grande déception au comportement moutonesque de ces patients rassurés de voir du monde dans un cabinet et dans une salle d'attente "j'attends beaucoup, y'a plein de monde, y doit être trop fort le kiné!!!"

Bref! C'est difficile et décourageant de s'obstiner dans la recherche de qualité quand on est kiné!

Donc, finalement, sous la pression de la fameuse France, le projet d'éciture s'est réorienté vers les problêmes de mal de dos, et les solutions des kinés et des ostéos.

Traiter dans le même ouvrage de la kiné et de l'ostéo, c'était peut être un peu dangereux car les relations entre les deux professionnels sont souvent tendues, le kiné jugeant que l'ostéo avec des séances à 50 ou 60 euros se fait des golden balls, et l'ostéo jugeant que le kiné qui prend les patients cinq par cinq, se fait aussi des G Balls...

Sans compter aussi les ostéos qui pensent que les kinés n'ont rien compris, et les kinés qui pensent avoir compris qu'il n'y avait rien à comprendre dans l'ostéopathie.

Donc finalement, je suis satisfait du premier résultat, allez un p'tit extrait:



J’exerce maintenant depuis plus de 10 ans les professions de kiné et d’ostéo, et je constate qu’en 2012 nombreux sont ceux qui confondent les techniques de l’un et de l’autre et nombreux sont ceux qui demandent à l’un d’effectuer le travail de l’autre.

Une clarification me parait plus que jamais nécessaire.



En réalité, chacune de ces deux spécialités obéit à des règles professionnelles distinctes, et les formations et techniques employées par ces praticiens s’avèrent très différentes !

L’ostéopathie, créée par Andrew Taylor Still à la fin du 19e siècle aux états unis, est venue s’insinuer progressivement dans notre milieu médical français dans les années 80, pour véritablement prendre de l’importance dans les années 2000, notamment lors de la publication de la loi de mars 2002 légalisant officiellement sa pratique, et entrainant la multiplication des instituts de formation.

D’actuellement 17000, le nombre d’ostéopathes devrait atteindre les 30000 dès 2016, du fait de l’absence de numerus clausus à l’entrée des écoles.

La kinésithérapie française s’est développée une première fois après le conflit de 14-18 qui a rendu nécessaire les soins à de nombreux blessés graves.

Puis elle s’est largement diffusée dans les années 60, grâce notamment au remboursement par la sécurité sociale, au développement des écoles de formation et à la bonne participation des médecins prescripteurs de kinésithérapie.

En 2012, les kinésithérapeutes représentent 70000 professionnels dont 6000 kiné ostéopathes.

Si la consommation en actes de kinésithérapie reste soutenue aujourd’hui en France, elle tend à stagner tandis que celle des actes d’ostéopathie se développent nettement.

Dans un climat de tension économique, il n’est pas surprenant qu’une certaine concurrence s’installe entre les deux professionnels.

Cependant, cette offre de soins plurielle devrait être tout bénéfice pour le patient potentiel, qui dispose de deux thérapies efficaces pour le traitement de ses douleurs.

Reste à décider qui consulter ?


A télécharger sur www.leslivresdemonosteopathe.com

Comment soigner ma hanche douloureuse???


Extrait de mon prochain ouvrage, comment traiter ses douleurs de hanche



J’AI MAL A  MA HANCHE



La hanche est classiquement la région enseignée en premier aux étudiants de kinésithérapie et d’ostéopathie lors de leur enseignement d’anatomie.

Elle se situe dans la région dite fessière, en profondeur du galbe de la fesse, mais rares sont ceux qui pensent à l’anatomie de la hanche quand ils posent leur regard sur cette région du corps.

Les douleurs de hanche sont fréquentes et les techniques de kinésithérapie et d’ostéopathie sont généralement très efficaces.

Il faut différencier les pathologies dites traumatiques des pathologies rhumatismales.

S’il s’agit d’un traumatisme, c’est que vous venez de subir un choc: accident léger, petite chute ou  méchant contact lors d’une pratique sportive.

Les affections rhumatismales de la hanche sont principalement liées à l’arthrose de hanche, qui peut être débutante ou sévère, ce sont uniquement les rhumatismes débutants que vous pourrez traiter ou améliorer.

Dans tout autre cas : inflammatoire, avec gonflement, fièvre, ou pré existence d’une pathologie sérieuse d’atteinte articulaire, le traitement doit rester strictement médical

Dans les deux premiers cas, après consultation du médecin confirmant qu’il s’agit d’une affection bénigne, vous pouvez utiliser prudemment les techniques exposées ci-après.





            1ere TECHNIQUE de soins   LE MASSAGE PAR VOIE ANTERIEURE



Indications

Toutes douleurs de hanche, de type tendinite ou arthrose

Contre-indications

Prothèse de hanche, état inflammatoire, pathologie articulaire sévère.

Installation 

Vous devez vous allonger sur le dos, buste et tête relevés par des coussins, jambes à plats.

Pour plus de commodités, il est préférable d’abaisser slip ou culotte afin de dégager la zone antérieure de la hanche.

Repérage morphologique

Vu d’en haut, vous allez d’abord repérer votre nombril, puis tout en bas entre les jambes, le pubis, qui est constitué par l’union basse des 2 os iliaques qui vont nous intéresser pour le massage.

Latéralement et légèrement plus bas que le nombril, vous sentirez un relief osseux avec un bord saillant en avant : il s’agit de la crête iliaque et de l’épine iliaque antéro supérieure.

Vous pouvez noter un point de repère au feutre sur cette épine qui sera stratégique pour le massage.

Entre l’épine iliaque et le pubis, se situe en profondeur….la hanche !

Principes thérapeutiques du massage

Il s’agit de diminuer les tensions musculo ligamentaires qui vont envahir des zones anatomiques autour de la hanche perturbant son fonctionnement et participant à son décentrage.

Nous allons nous intéresser à 3 zones principales :

-les adhérences le long de la crête iliaque

-le creux inguinal jusqu’au pubis

- la partie supérieure antérieure de la cuisse.





Traitement de la crête iliaque :

La crête iliaque prolonge vers l’arrière le point que vous avez noté au feutre, jusqu’au sacrum.

Technique de décollement des adhérences :

Exemple pour un côté droit : votre pouce droit va se positionner sur l’épine iliaque, là où vous avez marqué au feutre, tandis qu’avec la main gauche, vous placez majeur et annulaire de l’autre côté de la crête en tensions contraire.

Vous devez faire comme si la peau était trop collée à la crête et qu’il fallait rendre du mou à cette zone.

Répétez plusieurs fois la manœuvre pendant 5 minutes.

Technique de ponçage de la crête :

Là votre pouce droit va se placer parallèlement à la crête, et par un mouvement de va et vient il va libérer les mêmes tensions que dans la technique précédente, mais avec une action complémentaire.

Si votre pouce fatigue, prenez le relai avec les autres doigts.

Traitement du creux inguinal.

Nous allons appliquer les mêmes techniques le long du pli inguinal tendu du point marqué au feutre vers le pubis.

Décollement des adhérences 5 minutes puis ponçage 5 minutes.

Il est important d’insister sur les zones résistantes sans pour cela déclencher une réaction douloureuse.

Massage de la face antérieure et externe de la cuisse

Pour ce massage vous pouvez utiliser une huile ou pommade de massage dont vous imprégnerez la paume de vos mains, afin de mieux glisser sur la peau, car pour ce massage il est impératif que les mains puissent glisser.

Vous allez démarrer le massage par un effleurage c'est-à-dire un massage superficiel pendant 3 minutes pour échauffer les tissus et les préparer à un massage plus profond.

Le second temps du massage est le plus important, il consiste à pétrir les masses musculaires du gros muscle antérieur de la cuisse : le quadriceps, ainsi nommé parce qu’il est subdivisé en 4 unités musculaires.

Alors qu’il est habituel de masser de l’extrémité d’un membre vers sa racine, je vous propose de démarrer votre massage au niveau de l’os iliaque puis de prolonger vers la cuisse et ce pour deux raisons : parce que c’est bien la hanche qu’il s’agit de cibler et non la cuisse et d’autre part ce sera plus confortable pour votre dos.

Je vous conseille de poursuivre le pétrissage durant 10 à 15 minutes, jusqu‘à ressentir un assouplissement et un échauffement du muscle, puis de terminer par un effleurage une à deux minutes

jeudi 9 août 2012

C'est quoi en fait la kinésithérapie?


Définitions de la kinésithérapie




Pour le Larousse, la kinésithérapie désigne « l’ensemble des traitements qui utilisent la mobilisation active ou passive pour donner ou rendre à un malade, à un blessé, le geste et la fonction des différentes parties du corps »

Pour le Robert, elle se définit par le «traitement des affections osseuses, articulaires, musculaires, par des mouvements imposés combinés à des massages »

Etymologiquement, kinésithérapie signifie littéralement soins par le mouvement.

Bien sûr, notre vocation première reste la conduite de rééducation suite à un traumatisme, à une intervention chirurgicale, ou à une maladie rhumatismale ou neurologique.

Mais dans  la réalité quotidienne de nos cabinets, la kinésithérapie est souvent proposée par le médecin comme un complément aux médicaments dans le soin des douleurs intéressant le système ostéo articulaire.

Il s’agit donc là d’une adaptation moderne de la kinésithérapie qui ne se traduit plus par la mise en place d’un programme de rééducation mais plutôt par un ensemble de soins à visée antalgique.  

Extrait de "Kiné ou ostéo, qui consulter?" Vincent ARIN















Bientôt 70 ans! La kinésithérapie est elle trop vieille?

Non non pas moi!!!!

La kinésithérapie! née aprés guerre en 1946, elle fétera ses 70 ans en 2016!

En 1946, la préoccupation essenssielle du kiné était de donner à son patient tous les outils possibles pour un bon rétablissement physique, sans s'inquiéter du temps de consults ni du nombre de séances à réaliser dans la journée pour pouvoir honorer les factures URSSAF ou CARPIMKO.

Aujourd'hui, la dimention comptable des enjeux professionnels est venu parasiter  le travail de rééducation normal, parasitage chez le praticien libéral lui même, qui a vu ses charges s'envoler, parasitage dans l'assurance maladie, qui pour limiter l'hémorragie des dépenses de santé, nous explique par A + B qu'il faut deux fois moins de séances en 2012 qu'en 2002 pour soigner la même pathologie...

Non vraiment, les quelques progrés accomplis dans les techniques et les appareillages compensent ils vraiment la dégringolade du temps passé en individuel avec nos patients? Pas sûr!

A suivre...

Pourquoi ce blog?

Kiné et ostéopathe depuis un nombre d'années suffisant pour me faire comprendre  que c'est raté on ne m'appelera plus jeune homme, je souhaite témoigner des préoccupations des professionnels de santé au quotidien.

Bien sûr, je garderais la discrétion nécessaire au secret médical, et toutes les situations vécues seront maquillées, les patronymes changés, ainsi que les professions et situations géographiques..

Bon mais qu'est ce qu'il va rester???

 Quelques témoignages de situations réelles quand même!

Souvenirs de prescriptions

Un homme de 78 ans se présente à mon cabinet en pleine forme, sourire large et bienveillant et me tend la prescription du médecin:

20 séances de rééducation des deux membres inférieurs.

Je demande au patient ce qui le gêne au niveau de ses jambes.

Très courtoisement, l'octogénaire me répond:

Mais tout va parfaitement bien, jeune homme!

Ne sachant quelle technique kinésithérapique utiliser, je décide d'appeler le médecin prescripteur:

Allo, Dr Pen? Oui c'est le kiné, j'ai avec moi Mr Durand a qui vous avez prescrit des séances de kiné pour les membres inférieurs, qu'attendez vous de moi exactement?

Aaaahhh ouiiiiii! Mr Durand, vous savez ces jours ci il ne sort pas beaucoup de la maison, alors comme il habite à 500 m de chez vous, je me suis dit que ça lui ferait un peu d'exercice de venir à pied à votre cabinet! Vous voyez?

Ce que j'ai vu rééllement à cet instant c'est l'immensité vertigineuse du trou de la sécu, et le travail qu'il y avait à faire dans les mentalités pour expliquer que c'est finalement la collectivité qui paye!